
Nous sommes tous allés au moins une fois sur ces sites : Ebay, Amazon, Leboncoin,… Certains ont osé acheter, les autres hésitent encore. Ça paraît facile comme ça mais acheter sur internet, c’est pas si facile. Et vendre encore moins.
Annonces, achats, enchères,… y’en a pour tous les goûts. Alors on cherche, on y passe des heures. Au début on n’a pas trop le réflexe : la Fnac et Darty c’est tellement plus près et plus pratique. Et puis un jour on clique par hasard sur un lien alléchant et puis on se retrouve balancé dans le monde de l’occaz, de la refourgue et des bons plans. Très vite on se rend compte qu’on trouve de tout et pour pas cher. Alors on sauvegarde les annonces, on copie les liens, … On retrouve tour à tour la Casio à la mode qu’on portait quand on avait 12 ans, la Game Boy vintage dans sa boîte jamais ouverte, son rétroviseur de 206,…
Vient alors le moment de l’achat. On passe des heures à relire les descriptions et puis enfin on répond à l’annonce. Pour les enchères c’est encore pire. On essaye d’appliquer tous ces bons principes qu’on nous a appris : se fixer un prix max, enchérir dans les dernières minutes, vérifier les coûts d’envoi postaux. On a le cœur qui bat, on vérifie ses mails toutes les 2 minutes. Vérifier les adresses, les contacts, s’enregistrer, checker ses mails, se déconnecter. Enfin arrive la page de confirmation, celle qu’on relie 20 fois avant de cliquer sur CONFIRMER. On rassemble ses dernières forces pour le clic final et puis… on attend.
Attendre un objet pour lequel on a délais qui nous a été donné est une expérience horrible. On guette la boîte aux lettres. On finit par connaître les heures de passage du facteur. On finit par se rendre compte que toute cette énergie dépensée ne tient plus qu’à l’honnêteté de votre facteur. Va t-il garder ce paquet inhabituel, lui qui ne vous livre depuis des années que des factures EDF et des cartes postales débiles de vos copains partis en vacances ? Après tout le facteur est comme vous : ce qu’il aime à Noël ce sont les cadeaux petits et lourds alors un petit colis volé de temps en temps… On finit par le maudire ce facteur. On ne dort plus. Ceux à qui on a donné un numéro de suivi du colis n’ont plus, eux non plus, le temps de rêver. « Mais bon Dieu ! », pourquoi ce foutu colis est bloqué dans ce centre de redistribution depuis le 16 juillet 2010 à 16h43 ?!
On se dit que finalement c’était débile de passer par Internet pour cette clé USB qui ne coûtait que 5 euros de moins dans le magasin en bas de chez vous. On finit par comprendre que ces 5 euros qu’on croyait économisés sont le prix de la simplicité, de la rapidité et de la proximité, bref tout le contraire de cette usine à gaz qu’est Internet !
Heureusement le colis arrive toujours et puis on découvre l’objet tant désiré. On l’ouvre comme un cadeau. On découvre sur le paquet l’écriture de l’inconnu qui a fait de vous le plus heureux des acheteurs.
Parfois aussi on choisit la remise en mains propres. On se dit que ça permet d’économiser encore plus. Et puis c’est pratique : on fixera une heure qui conviendra autant à l’autre qu’à soi. On fait des dizaines d’allers et retours par mail pour tout organiser. Et puis au final c’est toujours la même histoire : vous êtes obligé d’annuler votre rendez-vous chez le coiffeur et de vous retrouver à l’autre bout du monde. Pour une télévision, passe encore. Mais pour ce DVD idiot on se serait bien passé de cette nouvelle complication.
Cette une expérience étrange que cette remise en main propre. Pour le vendeur comme pour l’acheteur : on rencontre un parfait inconnu qu’on imaginait un peu comme soit et qui se retrouve être une personne complètement différente. La rencontre ne dure que quelques secondes et pourtant tout ça a été si compliqué à orchestrer. Surtout pour le vendeur. Avant vous il a bien du perdre son temps avec 10 personnes différentes : est-ce que l’objet est abîmé, est-ce que vous pouvez l’envoyer par la Poste, est-ce que vous pouvez me le garder jusqu’à mercredi prochain parce que là je suis chez ma sœur ?…blablabla. Être un acheteur est un calvaire, être un vendeur est un cauchemar.
Malgré tout le marché de la vente sur Internet se porte bien et même très bien. Même Leboncoin, qui se voulait être LE site des petits chineurs, se retrouve avec des millions d’annonces à gérer tous les jours : du fer à repasser à 2 euros qui ne fonctionnera plus jamais à la villa tropézienne à 10 millions d’euro.

AVRIL 2010 : Le trafic d’eBay a substantiellement chuté depuis 4 ans,
alors que celui d’Amazon et de Craigslit ont fortement augmenté.
D’autres concepts naissent, parfois en abusant de la crédulité des gens. Comme le dernier né des machines à créer du fric. Le principe ? Vous vous inscrivez à la vente. L’objet commence à 0 euro et le pas de l’enchère est de 2 centimes d’euro. Ce qu’on essaye de vous faire oublier c’est que pour enchérir il vous faut payer une somme fixe de 50 centimes. Alors on voit des Ipad adjugés à 80 euros. Pas cher, hein ? Sauf qu’un IPad à 80 euros ça veut dire 4000 enchères au total (vous vous souvenez l’enchère monte de 10 centimes à chaque fois). 4000 enchères à 50 centimes ça veut dire que le site gagne 2000 euros sans rien faire. Malin. Allez donc les voir :



Tout ça pour dire que finalement ça a du bon de pouvoir encore se balader dans les magasins. On peut toucher, peser, essayer… Et puis pour l’occaz y’a pas qu’Internet : il vous reste encore les vide-greniers, les brocantes, les puces,…
Allez, bonne chance à ceux qui cherchent et bon courage à ceux qui trouvent
Wall-E, whouala !